16.8.06

Quelques Précisions sur un Conflit qui se prepare:

Et anticipant le brouhaha médiatique qui servira à embrigader les faibles d’esprit -- je parle de tous ceux de la population libanaise qui n’ont pas fait des études en sciences sociales dans un contexte d’épanouissement scientifique adéquat -- j’aimerais rappeler quelques petites choses diras-t-on « essentielles » :

Il est vrais – dans la logique médiatique -- que le pacte americano-seoudien a conduit des guerres contres ce qu’on pourrait qualifier de bastions du chiisme militant, et cela depuis la guerre contre Khomeiny à travers l’Iraq jusqu'à la présente guerre contre Ahmadinejad aujourd’hui et, au Liban, contre Hassan Nasrallah. Mais le fait d’évoquer ce conflit dans les media dans les termes d’une guerre sunnite chiite est expressément réducteur et même aliénant, occultant les vraies raisons derrière toute entreprise de domination dans le monde.
Il faut rappeler ici que ce même axe d’alliance americano-seoudien a entrepris une autre guerre, sa seule guerre directe car la plus vitale, contre un ennemi qui lui était symboliquement et pratiquement fatal (à cet axe), un ennemi « sunnite » dira-t-on en terme médiatique, un autre exemple de « sunnisme », je parle de la première guerre du Golf contre le Baath iraquien.

Les raisons de tout recours à la guerre existent toujours, ils se résument en un mot, la domination. Les enjeux sont nombreux : Le terrain pétrolier, le terrain militaire (la sécurité) blablabla mais surtout l’anticipation de l’émergence de tout exemple de puissance locale capable de se propager -- face au schéma américain -- dans toute la région de l’Asie du sud ouest.
Ce qui laisse à penser aussi que cette guerre contre le Hezbollah libanais -- sortant vainqueur de cette guerre -- n’est pas encore finie.

17 commentaires:

yy a dit…

!!!!!!!ceux de la population libanaise qui n’ont pas fait des études en sciences sociales dans un contexte d’épanouissement scientifique adéquat!!!!!!
ohhhhhhhh! parce que toute la population libanaise est censée faire des études en sciences sociales. parce que quand on n'a pas fait des études en sciences sociales on est faible d'esprit! j'adore les mousakkafin de Beyrouth!

alhaqid a dit…
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Vox Populi - Agent Provocateur a dit…

Il y en a qui ont un sens limite de l'ironie.

Ostfen a dit…

Ironie nonobstant, joli article, descriptif des vraies raisons de tout conflit.

Anonyme a dit…

moi ki suis accusee d'etre une clitocentree qui se fout de tout sauf de sa chatte, je vous recommande encore une fois de lire cet article de votre ennemi intime, makhoul himself.

Lara Croft

D’amour ou de raison
Même Saddam Hussein, au fond de sa prison, doit être ravi d’être Saddam Hussein. Et pas Bachar el-Assad. Mise en quarantaine par la totalité ou presque de la communauté internationale (l’excellent Frank-Walter Steinmeier a enfoncé le clou ces deux jours) ; quasi-infantilisée par un Iran qui s’en débarrasserait lestement à l’instant même où primera l’un (ou plusieurs) des nombreux intérêts nationaux ou régionaux de Téhéran, à commencer par ces discussions consenties hier sur la suspension de l’enrichissement de son uranium (on verra bien le 22…) ; rabrouée publiquement par les Arabes, il y a à peine quelques jours, de Beyrouth même ; à la merci imminente d’un incorruptible belge, le très Lucky Luke Serge Brammertz, et, surtout, rendue folle d’avoir été dépossédée à jamais de la carte libanaise, la Syrie d’Assad a lancé avant-hier un tonitruant chant du cygne, dont l’effet premier et immédiat a été de renforcer et de blinder l’Alliance du 14 Mars – la majorité. Si tant est que cette majorité en avait besoin puisqu’elle a été – du moins publiquement, officiellement et collectivement – admirable dans sa gestion d’une guerre dont elle n’avait pas été prévenue et qu’elle n’aurait jamais accepté d’entamer ; une majorité qui, elle, aurait attendu l’attaque israélienne au lieu de la provoquer, puisqu’elle aurait eu l’exclusivité pour elle du droit international. Mais la question n’est pas là : par la voix d’un de ses députés-phare, Hussein Hajj Hassan, le Hezbollah a répondu hier à Bachar el-Assad, et sans ambiguité aucune : « Le Hezbollah n’adopte pas les propos d’Assad relatifs au mouvement du 14 Mars. Ce mouvement n’est pas un agent stipendié d’Israël ni de l’Amérique ». Les bras dudit Assad, qui s’est un peu trop vite arrogé la victoire des autres, et, dommage collatéral, ceux d’Émile Lahoud, ont dû leur en tomber. Même si Hussein Hajj Hassan a dû, pour des raisons facilement compréhensibles, démentir par la suite ses propos.
Comme chacun des partis libanais qui, à un moment ou à un autre dans l’histoire de ce pays, a abattu l’atout américain, français, saoudien, syrien, avant de revenir vers l’intérieur, le Hezb a joué, lui aussi, sa carte étrangère, l’iranienne en l’occurrence ; et, lui aussi, un jour ou l’autre – et la phrase du député de Baalbeck est un signe extrêmement positif – se rendra compte, pour mille et une raisons, pour tellement d’impératifs, que seule la libanaise d’entre ces cartes lui permettra, sur le long terme, de gagner. Que seul le respect d’un agenda libanais lui permettra, comme aux partis chrétiens, sunnites ou druzes, de pérenniser son existence.
Cette guerre 06 a fait se poser aux Libanais, à tous les Libanais, avec mille fois plus de régularité qu’avant, une question d’une perversité folle, modulable à souhait, mais dont la réponse recèle, infiniment plus qu’autre chose, l’antidote dont ce pays a urgemment besoin. Est-ce que je peux vivre avec ce chiite qui a élevé le martyre au rang d’art de vivre et qui se moque de tout à part de jouer au héros contre Israël, à part de faire les sacrifices que le richissime Iran ne fera jamais ? Est-ce que je peux vivre avec ce sunnite qui ne pense qu’à jouer au tric-trac, amasser des dollars, squatter le neuf-dixième des postes de l’État et faire plaisir au roi d’Arabie ? Est-ce que je peux vivre avec ce maronite qui serait prêt à vendre sa mère pour la présidence, qui ne veut qu’un Liban-Paris, un Liban-Londres ou un Liban-Monaco, qui se moque de tout ce qui touche de près ou de loin à l’arabité, à toute espèce de cause à part la sienne ? Est-ce que je peux vivre avec un 8 Mars prosyrien, pro-iranien, qui ne veut vivre que sous la tutelle de Damas ? Est-ce que je peux vivre avec un 14 Mars qui fait du commerce avec le sang de Rafic Hariri, qui ne veut vivre qu’en recevant Condie Rice ou Saoud el-Fayçal ou Philippe Douste-Blazy ?
Ces questions-là, plus ou moins idiotes, plus ou moins cancérigènes, ont été, plus ou moins haut, plus ou moins clairement, rabâchées, ressassées, mal digérées, et personne, absolument personne, n’y a échappé. Et aujourd’hui, parce qu’il est le seul à posséder encore ce privilège qu’ont abandonné tous les autres partis libanais – les armes –, la réponse doit d’abord venir du Hezbollah – ensuite des autres. Celle assénée hier, encore une fois malgré le démenti, par le député Hajj Hassan à Bachar el-Assad, ce témoignage de solidarité avec une équipe qui a fini par ne plus le lâcher une seconde durant sa guerre, est bienvenue, formidable même, nécessaire. Mais pas suffisante. Et celles données par les autres n’arrivent pas, on le voit, à convaincre Hassan Nasrallah et ses hommes.
Les deux ou trois prochaines séances de dialogue place de l’Étoile ou au Sérail ou n’importe où ailleurs devront être uniquement consacrées à la rédaction de ce Pacte social, de ce contrat de mariage, qui définira comme une Bible, comme un Coran, la nature du Liban de l’après-12 juillet, sa culture somme de toutes les cultures, sa mission, et, surtout, ce oui je veux vivre avec le chiite/le sunnite/le maronite.
Pour cela, il faut trois choses.
Un : qu’on cesse de se leurrer, et on le voit bien aujourd’hui avec ce qui se passe à l’intérieur de l’État hébreu : si le Hezbollah désarme, Israël, et en grande partie grâce à sa débacle de juillet, ne touchera plus à un cheveu du Liban. C’est cette séquence qui est la bonne, et aucune autre, surtout pas celle qui veut qu’Israël ne menacera pas le Liban tant que perdureront les armes du Hezb. Qu’on cesse de se leurrer : malgré toutes les boucheries, les massacres et autres crimes de guerre commis par les généraux israéliens, l’État hébreu n’a pas utilisé plus de 10 % de sa capacité de nuisance. Désarmer. Perdre son privilège, mais gagner mille fois plus : l’assurance d’un Liban pluriel et pérenne. À moins que ce ne soit pas cela qui l’intéresse.
Deux : qu’on cesse de se leurrer, et on le voit bien aujourd’hui, le Libanais a besoin de concret : si la majorité se décide à présenter au Liban un programme, dût-il être aussi gros et chargé que tous les bottins du monde, détaillant concrètement chaque étape de la construction de cet État de droit et des institutions, passant nécessairement par une réforme en profondeur de tout, à commencer par celle des mentalités, le Hezbollah désarmerait bien plus vite, et les Libanais reviendraient bien plus vite de l’étranger. Ou éviteraient de s’y rendre. À moins que ce ne soit pas cela qui l’intéresse.
Trois : même avec l’admirable (encore une fois, et son discours d’hier à la nation a été presque parfait) Fouad Siniora aux commandes, l’État libanais a besoin d’un sérieux rééquilibrage. Qu’on cesse de se leurrer : sans chrétiens au Liban, il n’y a plus d’exception libanaise, il n’y a plus de Liban : au mieux une cohabitation ultradifficile, au pire un Irak. Et cela, tout le monde le sait, tout le monde se le répète, tout le monde devrait y réagir avant qu’il ne soit trop tard. Sans un chef de l’État-arbitre, impartial, calme, fort, très fort, libanais, capable de rassurer les trois communautés, rien ne pourra se faire. L’urgence du départ d’un Émile Lahoud qui ne sert plus à rien sauf à retarder encore plus une possible résurrection du Liban n’a jamais été aussi énorme. La responsabilité est générale, à commencer par Michel Aoun, qui devrait au plus vite nommer et appuyer un candidat qui réunisse toutes les qualités requises aujourd’hui.
Un nouveau Pacte social est définitivement incontournable. Il serait plus fort, pour défendre ce pays, que toutes les armées du monde.

yy a dit…

trois lettres magiques larita: URL.

Anonyme a dit…

je ne sais pas comment ca marche, je suis un peu plante verte...

Larita

yy a dit…

tu copies l'adresse, c'est tout. :)

Anonyme a dit…

http://www.voltairenet.org/article142972.html

Voilà une explication intéressante également...

Dr Victorino de la Vega a dit…
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Dr Victorino de la Vega a dit…

Haqid mio,

Je suis comme tu sais en general d'accord avec toi...et j'approuve meme en partie ce que tu ecris dans ce dernier post en date, a ceci pres:

le "pacte americano-seoudien"... aurait ourdi la "guerre contre Khomeini a travers l'Iraq [Baathiste]" (sic)

?????
WHAT THE FUCK?

C'est assez drole dans le genre farce "Farsie" tiers-mondiste!
:O))

Surtout quand on sait que la realite historique est toute autre: Khomeini le Safavide Sournois etait arme et finance par Israel et, dans une moindre mesure, par Washington- cf. les scandales Begin-Namroudi, Iran-Contra ...etc

Haqid, resaisis toi!

Get a hold of yourself ya man

shlon a dit…

aaah, LaraC.... enfin un article ou le jeune et dynamique amuseur radiophonique pense a ecorcher un peu la nazitude sans frontieres du katorzemarse ou "Ali Baba et les quelques voleurs".

CET article vaut tous les gags qu'il a perdu son temps a ecrire dans sa vie.

YY >> admettons qu'il est vrai qu'avoir quelques notions de sciences sociales, surtout acquises dans un environnement scientifique adequat, peuvent aider les jeunes quidams [comme toi et moi, et nous et eux] portant un certain interet a la situation de ce complexe quoique simpliste pays a percevoir certaines dimensions fort importantes, mais peu visibles a l'oeil nu...

Dr Victorino de la Vega a dit…

je n'ai pas donné mon avis sur les guerres que j'ai mentionné, mais mon point etait de faire savoir que le "conflit communautaire" est artificiel. [dixit The Haqid]

Gotya...

Tu es donc pardonné par avance, "Salaf" pour ainsi dire

Ou pour parler comme Anas, grand Muhaddes devant l'Eternel, loué soit-il, "Je t'absous quels que soient tes péchés, et que m'importe leur nombre?"

- Shlonski,

Au sujet du grand Comandante-Oftalmologo de Damasco, il faut lire l'article lumineux de N. Kazimi dans le New York Sun

yy a dit…

tout à fait shlon, mais on ne va quand même pas mettre toute la population libanaise à l'éthnométhodologie sans quoi elle serait faible d'esprit, non?

shlon a dit…

Victor // wb // lumineux article en effet :)

On semble finalmenet toujours oublier que le grand chantre [défunt] de l'arabisme, son rejeton et son obscur regime [qui offre plus une tronche de survivor fatigué que de resistant en bonne santé] ONT TOUJOURS EU PLUS, ou sinon AU MOINS AUTANT besoin que nous de prouver leur bonne foi et leur intégration dans le grand monde arabo-musulman d'aujourd'hui [c.à.d. dominé par la pauvreté de thunes et d'esprit, par des autocraties, et par des courants fondamentalistes religieux d'ordre politico-social]...

Tout le monde sait pourquoi le Liban a toujours été acculé a devoir supporter les vaines et lamentables tentatives de faire disparaître l'Etat [raciste] Hébreu, même quand tous les autre pays-frères [mmh] se trouvaient dans l'inaction la plus totale, et quand certains avaient délibérément pris le parti de signer des accords de paix, sans que personne ne les fasse chier...

L'Egypte peut se le permettre, elle a eu Nasser, elle est en meme temps quasiment monolithique.

La Jordanie, avec sa flagrante majorité palestinienne, a pu hypertranquillement enculer les feda2iyin et la "Cause", et signer avec le sauvage spoliateur sans vergogne aucune.

Le Liban, à cause de sa large faction chrétienne en particulier, et de la délicatesse [on peut aller jusqu'a dire: la reactivite]de la "terkibeh", était le plus pratique à qui forcer la main un coup. De plus, c'est en raison de la mauvaise configuration cette "terkibeh" qu'on s'en est très mal defendus. Il fut toujours trop simple d'accuser le Liban de collusion et d'intelligence avec l'Ennemi dans le but d'étouffer la Résistance Palestinienne et son droit de récupérer ses terres spoliées, héhé, et ce de tous les bords, mêmes des plus bedonnants, adipeux et hypocrites comme les "États" du Golfe, le plus grand en particulier...

On est comme le plus petit et freluquet de la bande, celui qu'on envoie toujours faire les trucs spooky du style "pénétrer dans le jardin de cette maison hantée pour frapper à la porte une nuit de pleine lune ou les bêtes hurlent et hululent" tandis que les autres attendent derrière la haie, et couinent de temps à autres conseils et ordres en tous genres.

Celui qui porte des lunettes, un appareil dentaire, et des jambes frêles.

La Syrie cache mieux son jeu :) c'est clair. Quelle aubaine historique d'avoir hébergé sur son sol le califat Omeyyade par exemple! Ça lui élimine de facto une grande partie de la justification de ses actes politiques, mine de rien; juste parceque le background du nom "Syrie" est porteur de "Grandes Choses" dans l'inconscient culturel me hasarderais-je à dire de l'arabite contemporaine.

Alors que notre sol, pourtant si riche, ne recèle que peu de choses. A moins que [et c'est l'opinion que je defend] nous n'ayons JAMAIS ETE FOUTUS d'en utiliser pour bâtir notre "conscience nationale", notre image de marque, et les fondements de notre politique ètrangère...

shlon a dit…

Non YY, on ne va pas l'y mettre de force, mais l'on peu admettre la faiblesse d'esprit collective dans une masse quelle qu'elle soit.

n'est-ce pas?

yy a dit…

oui on peut admettre. mais leur inculquer les fondements de la sociologie n'est pas la solution. au fait, j'aime beaucoup ton avant-dernier commentaire. je n'y avais jamais pensé. l'image du Liban dans l'inconscient des arabes -dont les Libanais eux-mêmes - comme celui qui doit tout le temps faire ses preuves en acceptant le sale boulot... tu as raison, il nous reste beaucoup à faire, et ça passe effectivement par une politique étrangère "politique étrangère".